Paolo Santini
Les mendiants de l'espoirSculpture constituée de douze personnages en fonte d’aluminium
(1977)
Collection Paul Mumtaz Teker
Voir le diaporama des photos prises lors des Journées
du Patrimoine de 16 et 17 septembre 2006.
Abbatiale d'Essômes sur Marne.


Ces personnages ont été sculptés au cours de l’automne 1977 en l’espace de deux à trois mois, d’une seule foulée, dans une chapelle aménagée de l’Aube, où se réfugiait alors Paolo Santini pour sculpter. Il en fallait douze pour signifier le nombre et Santini n’a eu de cesse de parvenir à ce nombre fatidique pour achever son œuvre.
Ils ont été présentés pour la première fois en février 1978 lors de l’inauguration de la galerie Atelier Paolo Santini, à Paris.
PAOLO SANTINI
1929 Naissance en Italie
1945-1950 Ecole d’art de Castellamonte, puis Beaux-Arts
à Turin.
1950-1958 Départ d’Italie pour l’Algérie.
Travaille en collaboration avec des architectes et multiplie les expériences.
1959 Il découvre Paris et s’enthousiasme
au point de s’y fixer. Il fréquente Montparnasse et la Grande
Chaumière, obtient du travail auprès d’architectes
parisiens et consacre son temps libre au dessin, à la peinture
et à la gravure. Premiers Salons et premières expositions.
1960 Participation avec l’architecte Aubert à
la décoration du siège social Saint-Gobain à Neuilly
sur Seine.
1961 Il use dorénavant de sa faculté à
restructurer les espaces et à inventer des aménagements
appropriés, en tant que chef d’agence du Bureau d’études
Jean Pascaud.
1963 Il aborde la sculpture. Premières réalisations
en métal soudé, puis en résine et en béton.
1965-1967 Il participe aux expositions de groupe «
Le Portrait » et « Sculptures de peintres » à
la Galerie Claude Bernard, Paris.
1967 Il découvre en la fonte d’aluminium
les moyens techniques de développer une forme d’expressionnisme
du « vivant » qui lui est propre. La commande qu’il
reçoit, du Ministère des Affaires Culturelles, d’une
sculpture monumentale pour l’I.N.S.A. de Rennes l’encourage
à franchir le pas : il se consacrera désormais exclusivement
à la sculpture !
1968 Toutefois, faute de commandes et donc d’argent,
il accepte la proposition d’un ami, Louis Bachoud, de travailler
sur le projet d’aménagement d’une boutique haute couture,
place Saint-Germain-des-Prés à Paris, tout de cuivre et
d’inox.
1969- 1978 Le succès les encourage, lui et son
ami Louis Bachoud, à monter leur propre bureau d’études.
Durant ces mêmes années, Paolo Santini poursuit son oeuvre
en sculpture : exposition de sculptures au Septentrion à Marcq-en-Baroeul
et au Centre de l’Aluminium de Bruxelles ; au Jardin d’hiver
du Moulin Rouge, Paris, avec la participation du Centre de l’Aluminium
français, puis à Amsterdam ; participation au 1er Salon
de mars « Sculptures métro Saint-Augustin »
Exposition « Le cri » en mars 1975 au Jardin d’hiver
du Moulin Rouge ; exposition à la Maison de la Culture de Reims
en 1976 ; exposition au Cercle d’Art Français, en janvier
1977 puis participation au Salon de mai.
Il dessine des objets et des meubles :
• édition des verres « ondes » et « oasis
» par la Cristallerie Daum en 1970
• création du fauteuil « métal coque »
(1968), d’un plafond modulaire (exposé à la SAD 1969),
de l’escalier « Pétales » en fibre de verre (1973)
(best of des années 1970 à la SAD), d’un bureau de
direction sièges incorporés en fibre de verre pour les Taxis
G7 (1973), de prototype de luminaires, de mobilier divers dont un ensemble
de salle de bain en fibre de verre.
1974-1981 Il exerce, en outre, à la demande de
Henri Malvaux, la fonction de professeur à l’Ecole Camondo.
En février 1978 il ouvre la galerie « Atelier
Paolo Santini », rue Saint-Martin, près du plateau Beaubourg,
à Paris, afin d’y présenter l’ensemble de son
travail, rêvant de renouer ainsi avec la tradition de la Renaissance.
Il inaugure la galerie avec le groupe de douze sculptures intitulé
« Mendiants d’espoir ».
En juillet de la même année, il cesse sa collaboration avec
Louis Bachoud. Il poursuit néanmoins sa double activité
d’architecte d’intérieur et d’artiste peintre
sculpteur. Il crée des poignées de porte, des tables-sculptures.
Fin 1981, il concentre bureau et habitation autour de
sa galerie à Beaubourg. Parmi ses réalisations :
• les magasins Roger et Gallet et Ungaro, faubourg Saint-Honoré,
Ling boutique, les bureaux de Didier Philippe, le stand Rhône Poulenc
au F.I.T., La Villette (1985)
• des lancements d’images de marque telles que Caroll, Franck
et Fils boutique, Petit bateau, etc.
• des appartements pour lesquels ont été créés
des meubles originaux comme au Palais Rose, Le Vésinet (rez-de-chaussée
traité en contemporain)
• la construction d’une grande villa à Dakar.
Il crée des bijoux qu’il expose dans sa galerie avec ses
sculptures et dessins. En 1979, il expose avec le peintre Michel Faublée
, autre artiste défiant le marché en s’exposant lui-même
dans sa propre galerie, rue Quincampoix, sous le titre « La Petite
Fiac ».
En 1980, il réalise deux panneaux relief pour
la Préfecture de Toulon et participe au Salon Eclaté.
En 1981, il expose quatre grandes statues, regroupées
sous le titre « Compte à rebours », également
exposées aux « Expositions d’arts contemporains »
de Gisors en 1983.
1987 Il ouvre sa galerie à d’autres artistes et créateurs.
Il présente ses sièges « métal-lune »,
« métal-totem », « métal-quattro »
et sa table « quattro surface ».
1990 Il expose ses dernières peintures.
Première guerre en Irak : il ferme la galerie.
1991-2005 Il se partage entre Paris et une ancienne ferme
du sud de l’Aisne, où il dispose de vastes espaces et peut
réfléchir et travailler à son aise. Ses activités
de prédilection : la peinture, la sculpture et la création
d’objets et de meubles.
En novembre 2003, participation à l’exposition
« Dix visions de l’espace » à l’Espace
Jean Legendre de Compiègne.
2020 Décès à Paris, à l'aube de ses 91 ans.